Du 3 au 18 janvier, 10 membres du programme Soins infirmiers ont pris part à un voyage de coopération en santé au Togo. Deux personnes enseignantes et huit élèves, de 2e et 3e année, ont vécu à cette occasion une expérience culturelle, personnelle et pédagogique inoubliable. Le 24 février, devant une trentaine de personnes, le groupe a présenté un compte-rendu animé de ces deux semaines enrichissantes au salon étudiant Tank-à-y-Être. À grand renfort d’anecdotes à la fois sensibles et instructives, mais aussi de supports visuels abondants, la rencontre a parfaitement illustré la grande diversité de leur mission sur place.
Il s’agissait du second voyage au Togo du programme Soins infirmiers, après un premier séjour de coopération internationale organisé en juin 2024 dans ce pays en partie francophone du golfe de Guinée. Au total, après deux expériences similaires en Équateur, il s’agissait du 4e voyage de coopération en santé effectué à l’étranger par la formation. « L’une des grandes missions de ce type de séjour, au-delà des apports pédagogiques, consiste avant tout à découvrir d’autres cultures. Le groupe s’immerge dans un mode de fonctionnement différent, qui permet de sortir de sa zone de confort. Ce décentrement donne aussi la possibilité de revenir dans son pays d’origine avec de nouvelles perspectives et le goût d’améliorer son propre environnement à la maison », a relaté Vincent Noël-Boivin. L’enseignant du programme Soins infirmiers a occupé le rôle d’accompagnateur durant les deux derniers séjours en Afrique.
Deux semaines d’actions polyvalentes
Sur place, les personnes participantes ont touché à plusieurs branches des soins infirmiers. Tout d’abord, la tournée a débuté par une plongée au cœur du centre médico-social Solidarité de Kpalimé, une ville importante du sud-ouest du pays. L’occasion d’effectuer de nombreux rappels de vaccins et de prodiguer différents soins ambulatoires. « On a eu du travail en masse ! », a résumé une étudiante, particulièrement impressionnée par la résistance à la douleur des patients sur place. En plus de soins cliniques, leur participation a consisté par ailleurs en différentes actions menées en laboratoire et dans le secteur de la pharmacie. Des interventions variées dans le domaine de la natalité ont également figuré sur la liste de leurs implications, dans un contexte démographique très différent du Québec.
Par la suite, en collaboration avec l’organisme Croque-La-Vie, également basé à Kpalimé, le groupe a pris part à des activités de promotion de la santé dans une école maternelle, notamment autour de l’alimentation et avec le concours de Nutrition sans frontière. Sur place, la cohorte a visité ensuite l’hôpital préfectoral de Kpalimé. Les étudiantes et étudiants du cégep ont aussi offert une activité de sensibilisation à la santé féminine et la gestion du stress, en association avec l’organisme Aklala Batik, qui soutient les jeunes filles défavorisées. Enfin, le séjour a permis une rencontre avec l’École nationale des auxiliaires médicaux à Lomé, capitale du pays. L’un des mandats du voyage consistait en effet à explorer des possibilités de partenariat, notamment dans le domaine des stages en santé ambulatoire.
Une expérience inoubliable
À écouter les étudiantes et étudiants du groupe relater leur séjour au public, on pouvait mesurer l’ampleur de l’enrichissement personnel apporté par un tel voyage. « Foncez! Allez-y! C’est un gros défi, mais on en ressort complètement transformé », a résumé une participante, en s’adressant à la population étudiante de première année du programme. Les membres de cette dernière auront en effet la chance de prendre part à une nouvelle mission dans deux ans, toujours au Togo. Les levées de fonds pour financer le projet débuteront d’ailleurs dès cette session. « Ces expériences sont une belle introduction aux enjeux de la santé internationale. L’une de nos étudiantes a même été marquée au point d’envisager peut-être une carrière pour des organismes comme la Croix-Rouge ou Médecins sans frontière », a mentionné la seconde accompagnatrice du voyage, l’enseignante Diana-Cindie Tremblay.
La conférence a démontré aussi combien le groupe avait grandi, en se confrontant à des contrastes culturels et sociétaux majeurs, pouvant mener à différentes remises en question sur le plan personnel. « Je vous lève mon chapeau. Vous avez fait preuve d’une belle capacité d’adaptation », a félicité Vincent Noël-Boivin. À cette occasion, la délégation matanaise en a profité pour réfléchir à des enjeux comme la décolonisation de la coopération internationale. « Les voir revenir avec autant de connaissances pratiques et des outils que la théorie est incapable de fournir à elle seule me confirme qu’on tape dans le mille avec des projets de ce type », se réjouit l’enseignant. Il a également précisé que tout le bagage accumulé pouvait resservir au Québec, où la diversité culturelle ne manque pas non plus, avec l’organisation, par exemple, des soins de santé pour les Premières Nations.
Un enrichissement culturel
Au cours de la conférence, le groupe a énuméré, pour finir, tous les apports culturels de cette coopération internationale : une visite saisissante de la Maison des esclaves du Togo, une virée au monastère bénédictin de l’Ascension, la dégustation de fruits aux saveurs inoubliables, la confection de vêtements locaux, une plongée dans des enjeux de traduction, au cœur d’un pays dénombrant pas loin d’une cinquantaine de langues, sans compter les retrouvailles émouvantes avec sa famille d’une personne étudiante du groupe d’origine africaine, parmi d’autres souvenirs tout aussi mémorables. Les étudiantes et étudiants, pendant une riche présentation d’environ une heure et demie, n’ont pas manqué de démontrer leur fierté d’avoir eu la chance de vivre ainsi une expérience aussi stimulante et formatrice.
« Le voyage a été très bénéfique pour enrichir notre vision du monde et remettre en question nos certitudes », a confié l’une des participantes, particulièrement marquée par les sourires et la bonne humeur des patients sur place, par rapport à ce qu’elle a constaté jusqu’ici dans le système de santé québécois. L’équipe du Département de soins infirmiers en profite pour remercier chaleureusement toutes les personnes ayant contribué au succès de ce séjour international. Ces voyages de coopération en santé sont une spécificité du programme offert au Cégep de Matane, qui devrait se pérenniser lorsque la formation bénéficiera d’une version actualisée dès l’automne 2028.