Séries de points espacés servant d'élément visuel au site Lines diagonales avec un X servant d'élément visuel au site Séries de points espacés servant d'élément visuel au site X encadré servant d'élément visuel au site
Publié le 18 mars 2026 Icône d'un sablier démontrant le temps de lecture 4 minutes 2 secondes

L’intelligence artificielle s’invite en Création numérique

Cet article s’inscrit dans une série consacrée à l’intégration de l’intelligence artificielle dans les programmes du Cégep de Matane. Les avancées technologiques redéfinissent les pratiques pédagogiques et professionnelles de façon continue. Cette série propose un éclairage sur les initiatives mises en place en 2026 et reflète l’état des lieux à ce moment précis.

 

« Est-ce que j’apprends tout ça pour rien ? » Cette question résonne de plus en plus dans les salles de classe du programme de Création numérique, comme ailleurs. Bien que légitime, cette question se répond encore aujourd’hui à la négative car le résultat des contenus numériques produits par l’intelligence artificielle générative n’est pas encore à la hauteur de la créativité humaine.

 

En effet, les limites actuelles de l’IA sont bien visibles. Par exemple, une entreprise qui utilise l’IA pour générer un logo attrayant peut rapidement découvrir qu’un concurrent possède un logo presqu’identique, lui aussi généré par l’IA. Dans ce cas, elle va rapidement se tourner vers un graphiste pour créer une signature visuelle réellement unique.

 

Face à l’essor et l’accessibilité fulgurants de l’IA, le personnel enseignant en Création numérique avance avec prudence. On sent définitivement une ouverture technologique, conjuguée à une grande rigueur pédagogique.

 

Permis, pas permis

 

En classe, si l’utilisation de l’IA n’est pas explicitement autorisée dans un travail, c’est qu’elle est interdite. Telle est la règle départementale. Lorsque son usage est permis, des balises sont inscrites dans les énoncés de travail. Dans certains cours, par exemple, les étudiants peuvent recourir à l’IA pour générer du contenu qui n’est pas évalué, comme les images ou les textes d’un site Internet, mais ils ne peuvent pas l’utiliser pour produire le code informatique, qui lui sera évalué.

 

L’IA transforme peut-être les pratiques, mais elle ne remplace pas la compréhension des bases et le jugement critique. Dans le programme Techniques de Création numérique, elle s’ajoute simplement à la boîte à outils. L’objectif du personnel enseignant demeure l’évaluation des compétences réellement développées par l’élève. En cas de doute, l’enseignant peut demander à l’élève d’expliquer son code. S’il est incapable de démontrer son raisonnement, l’utilisation de l’IA devient évidente et est considérée comme du plagiat.

 

S’approprier l’IA

 

L’enseignant en création numérique, Jean-Michel Simard, explore activement les possibilités. Il expérimente notamment des modèles d’IA installés localement plutôt que des services en ligne. « On peut télécharger des modèles open source gratuits et les entraîner nous-mêmes. C’est un peu moins performant que ce qu’on retrouve en ligne, mais c’est plus sécuritaire pour la protection des données et on n’a pas besoin d’Internet. J’aimerais que ce soit plus vers ça que les étudiants tendent à aller. »

 

Une utilisation excessive de l’IA pourrait nuire au développement des compétences d’analyse. Sur le marché du travail, même si ces technologies se démocratisent, la capacité à réfléchir, détecter les erreurs et corriger les productions générées par l’IA demeure essentielle. Les équipes pédagogiques s’adaptent constamment, révisant leurs pratiques pour s’arrimer à la réalité qui attend les diplômé·es sur le marché du travail. « Une bonne maîtrise de l’IA peut leur donner une avance en employabilité », souligne-t-il. Savoir utiliser l’IA efficacement devient une compétence en soi.

 

Jean-Michel Simard renchérit : « En matière de perspectives d’emploi, si dans certaines multinationales comme Google, des postes sont remplacé par l’IA, dans les PME chez nous, c’est moins une réalité. On s’attend à ce que ça se traduise plus par une évolution des fonctions que par une disparition des emplois. »

 

Éventuellement, un cours entièrement dédié à l’exploration des outils d’IA générative pourrait voir le jour dans le programme de Création numérique. Pour autant, l’IA n’est pas une fin en soi. C’est un outil de plus que les étudiants devront apprendre à utiliser avec discernement.

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