Cet article s’inscrit dans une série consacrée à l’intégration de l’intelligence artificielle dans les programmes du Cégep de Matane. Les avancées technologiques redéfinissent les pratiques pédagogiques et professionnelles de façon continue. Cette série propose un éclairage sur les initiatives mises en place en 2026 et reflète l’état des lieux à ce moment précis.
L’enseignante Marie-Jaelle Paul est particulièrement intéressée par l’innovation car elle enseigne le cours Radiologie dentaire et possibilités de traitement, une spécialité où l’intelligence artificielle s’installe de plus en plus. Elle souligne d’entrée de jeu que « l’IA ne remplace pas le jugement clinique du professionnel. Elle sert plutôt d’outil d’aide pour analyser certaines données et soutenir la prise de décision. »
Mieux documenter
pour mieux traiter
L’IA peut permettre aux professionnels de mieux visualiser certaines structures ou anomalies et planifier les traitements en conséquence. Par exemple, certains logiciels d’analyse de radiographies dentaires mettent l’IA à contribution pour aider à détecter des pathologies buccodentaires comme les caries interproximales, la perte osseuse parodontale et le tartre sous-gingival. En suivi parodontal, l’IA peut illustrer l’évolution d’une perte osseuse à partir de données cliniques et radiologiques. On retrouve également l’IA dans certaines technologies de dentisterie numérique, par exemple lors de l’analyse des scans intra-oraux ou des images tridimensionnelles en orthodontie ou avant des chirurgies buccales.
Il existe aussi des outils utilisant l’IA pour l’éducation des patients qui illustrent la progression d’une maladie parodontale ou la présence de plaque. « En voyant ces images, les patients comprennent mieux leur situation et ça les motive davantage à adhérer aux solutions proposées » affirme Marie-Jaelle Paul.
Adaptation continue
L’enseignante suit de près les travaux universitaires consacrées à ces technologies. « Plusieurs institutions américaines ont maintenant des laboratoires spécialisés en intelligence artificielle appliquée à la dentisterie. Du côté canadien, il y a notamment l’université McGill qui possède un laboratoire de recherche en intelligence artificielle et santé buccodentaire. » ajoute Marie-Jaelle Paul. Consciente que ces innovations redéfinissent déjà la pratique en clinique, elle adapte continuellement son enseignement afin que ses élèves deviennent des professionnels prêts à prendre part aux transformations technologiques.